
Brindisi : le bout de la via Appia
Autant être honnête tout de suite : Brindisi est un port en activité et un lieu de passage, pas une ville de carte postale comme Ostuni ou Lecce, à deux pas. Mais c’est là que la grande route romaine partie de Rome a fini par rejoindre la mer, là que Virgile est mort, et là que les ferries partent encore pour la Grèce. Accordez une demi-journée à sa petite vieille ville, ou faites-en un point de chute facile et sans touristes pour le Salento et la vallée d’Itria.
Que faire à Brindisi
Brindisi est un port en activité qui se trouve avoir deux mille ans, et les deux se superposent : la colonne où s’achève la via Appia regarde le terminal des ferries. Tout ce qui suit, de 1 à 11, est dans la vieille ville ou à quelques pas, et une demi-journée en vient à bout. L’ordre est celui que nous suivrions nous-mêmes.
1. Monter la Scalinata Virgilio jusqu’à la colonne romaine
Arrivez par l’eau, en montant l’escalier monumental, pour que la colonne surgisse au-dessus de vous comme elle surgissait pour qui descendait d’un bateau. Il y avait deux colonnes, il en reste une : la seconde est tombée en 1528 et ses morceaux sont partis à Lecce, où ils portent le Sant’Oronzo. Le moignon est toujours là, à côté de la survivante, et c’est le détail devant lequel presque tout le monde passe.

2. Entrer dans le château souabe, si vos dates le permettent
Frédéric II l’a commencé en 1227, Ferdinand d’Aragon l’a ceint d’un mur et de quatre tours rondes, Murat en a fait une prison en 1814 et la Marine l’a acheté en 1909. Il lui appartient toujours, siège de la Brigata Marina San Marco, on n’y entre donc pas comme ça : il ouvre un week-end par mois, samedi et dimanche, à 9h00 et 10h30, gratuitement et sur réservation. Cela vaut de caler une journée dessus.

3. Passer au Castello Alfonsino, qui a rouvert
L’autre château occupe l’île à l’entrée du port, bâti à partir de 1481 pour Ferdinand d’Aragon sur les ruines d’une abbaye bénédictine, puis avalé par l’immense Forte a Mare sous Philippe II. La Marine est partie en 1983. Les visites guidées ont repris, à 10h00, 12h00, 16h00 et 18h00, sur réservation. Vérifiez avant de croire ce que vous lisez : le site de la ville écrit encore qu’il est fermé pour restauration.

4. Lire la cathédrale à ce qui lui manque
Le pape Urbain II en a consacré le périmètre en 1089, puis un tremblement de terre l’a fait tomber en 1743 et on l’a rebâtie. Voilà pourquoi un édifice à la date pareille a l’air du dix-huitième siècle : il ne reste que des fragments du sol en mosaïque médiéval et une inscription à l’extérieur de l’abside droite. Elle garde les reliques de saint Théodore d’Amasée, patron de la ville.

5. Se tenir dans San Giovanni al Sepolcro
Une église ronde, et pas ronde par hasard : c’est la copie conservée la plus fidèle de la rotonde de l’Anastasis, le bâtiment circulaire sur le tombeau, dans le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Les croisés partaient de ce port, et ils ont bâti ici ce qu’ils allaient voir. À l’intérieur : un anneau de colonnes, des restes de fresques de plusieurs siècles et une ouverture circulaire au milieu du sol.

6. Sortir jusqu’à Santa Maria del Casale
Elle est à l’écart du centre, vers l’aéroport, et le taxi se justifie. Commencée dans les dernières années du treizième siècle et déjà attestée par un document de 1306, sa façade porte un damier de pierre bicolore qu’on ne voit nulle part ailleurs dans les Pouilles. En 1310, c’est à l’intérieur que siégea le tribunal du procès des Templiers, présidé par l’archevêque de Brindisi.

7. Le musée Ribezzo, et les bronzes auxquels personne ne s’attend
On y entre depuis la piazza Duomo par un portique des Templiers du treizième siècle, ce qui est déjà la plus belle porte de la ville. Fondé en 1884, six sections, mais la raison d’y aller est la salle sous-marine : les bronzes de Punta del Serrone, retrouvés en 1992 au fond de la mer devant la ville, présentés devant la reconstitution d’une proue. Du mardi au dimanche, 9h00 à 19h15, fermé le lundi, entrée libre.

8. Aller au Monument au marin d’Italie
L’énorme gouvernail de pierre, de l’autre côté de l’eau, a été inauguré le 4 novembre 1933 en présence du roi. Ce n’est pas un décor : la crypte en dessous porte, sur des plaques de marbre noir, les noms de 6 850 marins de la marine de guerre et de la marine marchande morts depuis 1860, et à l’intérieur pend la cloche de poupe du cuirassé Benedetto Brin, qui a explosé dans ce port en 1915. On traverse avec la navette qui part du front de mer.

9. Regarder partir les ferries
C’est encore ici que l’Italie s’arrête et que l’est commence, et on peut s’asseoir pour le voir : les ferries partent pour Igoumenitsa, Corfou, Patras et Vlora, surtout l’été. Le port intérieur est la raison d’être de la ville, une échancrure en bois de cerf, assez profonde pour Rome et assez abritée pour le rester. Une demi-heure sur un banc explique Brindisi mieux que n’importe quel monument.

10. Faire la passeggiata sur le lungomare
La promenade longe tout le port intérieur sous les palmiers, et à dix-huit heures la ville entière y est. C’est l’heure la moins touristique d’une ville déjà peu touristique. La lumière sur l’eau vire à l’or, la colonne est éclairée par en dessous, et le monument se découpe en noir sur l’autre rive.

11. Acheter quelque chose au marché de rue
Le marché de Brindisi est le marché ordinaire : des bâches entre les immeubles, des vêtements, de la quincaillerie et de quoi manger, pour les gens qui habitent là. Ce n’est pas un site et personne ne jouera un rôle pour vous, et c’est précisément pour cela qu’il mérite vingt minutes. C’est une ville où l’ordinaire est l’attraction, et le marché est l’endroit où on le voit sans payer.

12. Monter vers le nord pour le sable
Les lidos de la ville sont quelconques : le vrai sable commence une vingtaine de minutes plus haut sur la côte, dans la réserve de Torre Guaceto. Punta Penna Grossa, c’est 1,4 km de sable fin et clair avec de l’eau basse ; Apani est libre, plus calme, adossée à de basses falaises rouges. Comme c’est une réserve, les équipements sont volontairement rares : emportez ce qu’il vous faut.

Le bout de la via Appia
Toute l’identité de Brindisi vient de son port : une crique profonde, abritée, en forme de bois de cerf, qui en a fait le point naturel où Rome rejoignait la mer en route vers l’est. Les Romains l’appelaient Brundisium, et c’était l’un des ports les plus importants de la Méditerranée antique.
La via Appia, commencée en 312 av. J.-C. et plus tard rejointe par la via Traiana, courait depuis Rome pour finir ici : c’est pourquoi Brindisi était le principal point d’embarquement de l’Empire vers la Grèce et l’Orient. Armées, marchands et empereurs y passaient ; en 19 av. J.-C. le poète Virgile, revenu malade d’un voyage en Grèce, y est mort. En 2024 la via Appia, la « reine des routes », a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, soixantième site italien.
Après Rome, le port a maintenu Brindisi dans l’Histoire : point de départ des croisades (d’où l’église circulaire de San Giovanni al Sepolcro, de l’époque des Templiers), place forte souabe puis aragonaise, et, pendant quelques mois de 1943 à 1944, capitale provisoire de l’Italie. Aujourd’hui le même port envoie des ferries vers les Balkans et la Grèce, et la ville vit autour, sans se presser.
| Brindisi en bref | Détail |
|---|---|
| Région | Province de Brindisi, Salento, Pouilles |
| Nom romain | Brundisium, le grand port de l’Orient |
| La route | Terminus de la via Appia (UNESCO, 2024) |
| La colonne | Une des deux subsiste ; l’autre est tombée en 1528 |
| Virgile | Le poète romain y est mort en 19 av. J.-C. |
| Aujourd’hui | Port de ferries vers la Grèce et l’Albanie ; aéroport BDS |
Brindisi est sur l’Adriatique entre Ostuni et Lecce : la porte du talon de la botte.
Où dormir à Brindisi
Mon conseil, franchement : beaucoup de voyageurs ne voient Brindisi qu’au passage, autour d’un ferry ou d’un vol, et dorment ailleurs, ce qui se comprend. Mais elle fait aussi un point de chute vraiment utile, sans touristes et pas cher pour le Salento, avec des trains rapides vers Lecce et Ostuni. Si vous y dormez, choisissez la vieille ville ou le lungomare, près du port et de la colonne, plutôt que la frange industrielle du port.
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Brindisi se prête bien à une visite guidée de sa vieille ville en couches, et c’est un point de départ pratique pour le Salento et la vallée d’Itria. Disponibilités et prix en direct via GetYourGuide.
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Quand aller à Brindisi
Brindisi n’est pas une ville de saison, ce qui la rend plus simple que le reste des Pouilles : elle fonctionne toute l’année, et la question du calendrier est en réalité celle de ce que vous comptez y faire.
D’avril à début juin et de septembre à octobre : ce sont les deux fenêtres que nous choisirions. La vieille ville se parcourt à pied même en milieu de journée, le musée et les églises sont ouverts sans file d’attente, et la lumière du soir sur le port est la meilleure de l’année. Septembre a la mer plus chaude si vous associez la ville aux plages de Torre Guaceto ; mai a les rues plus vides.
Juillet et août sont chauds, et la ville se vide plutôt qu’elle ne se remplit : la foule part vers la côte, donc Brindisi reste calme pendant que les plages à vingt minutes au nord ne le sont pas. Les ferries vers la Grèce et l’Albanie tournent à plein, ce qui est utile dans les deux sens : plus de départs à regarder, plus de circulation autour du port. Les monuments avant onze heures, l’eau l’après-midi.
L’hiver est la vraie surprise. La cathédrale, le musée, les deux églises rondes et la colonne sont là, les ferries partent, et le lungomare est à vous. Deux choses à prévoir : le château souabe n’ouvre qu’un week-end par mois, vérifiez donc la date avant de bâtir un voyage autour, et les établissements de plage de Torre Guaceto ferment. Quand partir dans les Pouilles
Se rendre à Brindisi
Brindisi est l’un des endroits des Pouilles les plus faciles à atteindre sans voiture : elle a son aéroport et se trouve sur la grande ligne ferroviaire adriatique, donc les trains la relient vite aux villes du Salento.
| Depuis | Distance | En train |
|---|---|---|
| Aéroport de Brindisi (BDS) | ~6 km | bus/taxi ~15 min |
| Ostuni | ~35 km | ~20 min |
| Lecce | ~40 km | ~30 min |
| Taranto | ~70 km | ~1 h |
| Bari | ~110 km | ~1 h 20 |
Par la mer : des ferries relient Brindisi à la Grèce (Igoumenitsa, Corfou, Patras) et à l’Albanie (Vlore), surtout en été. Vérifiez les horaires en cours. · Les plus beaux villages des Pouilles
Vous arrivez en avion ? Brindisi-Salento (BDS) est le deuxième aéroport des Pouilles, à environ 6 km du centre, avec des vols low-cost depuis le Royaume-Uni et l’Europe (Ryanair, easyJet, Wizz Air, surtout saisonniers). C’est la porte naturelle du sud du Salento. Un transfert privé depuis l’aéroport à prix fixe évite les complications à l’arrivée, et une eSIM pour l’Italie vous connecte tout de suite. Pour explorer au-delà de la ligne de train, voyez louer une voiture dans les Pouilles, ou le guide se rendre dans les Pouilles.
Les plages près de Brindisi
Brindisi est un port, pas une station balnéaire, et les lidos aux portes de la ville sont ordinaires. Le vrai sable commence une vingtaine de minutes plus au nord, dans la réserve de Torre Guaceto.
Punta Penna Grossa est celle que tout le monde a en tête : 1,4 km de sable fin et clair dans la zone protégée, à environ 15 km de la ville, avec une eau peu profonde et claire qui convient aux familles. Un peu plus loin, Apani est gratuite et plus tranquille, adossée à de basses falaises rouges qui donnent au sable une teinte rouille, avec un parking payant à une centaine de mètres. Comme il s’agit d’une réserve, les équipements sont volontairement rares : emportez ce qu’il vous faut, et vérifiez avant de partir dans quelles zones la baignade est autorisée. Pour le reste de la côte, voyez notre guide des plus belles plages des Pouilles.

Excursions à la journée depuis Brindisi
Le vrai intérêt de Brindisi comme point de chute, c’est tout ce qui se trouve à une petite demi-heure : la ville blanche, la capitale baroque du Salento et la vallée des trulli sont toutes à portée.

Ostuni
L’éblouissante ville blanche · ~20 min en train · le guide d’Ostuni

Lecce
Le cœur baroque du Salento · ~30 min en train · le guide de Lecce

La vallée d’Itria
Trulli, Martina Franca et Locorotondo · ~40 min
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Quand y aller
Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons pour la vieille ville et le lungomare : journées douces et port à son avantage ; les départs de ferries vers la Grèce sont les plus fréquents en plein été. Quand partir dans les Pouilles
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Brindisi : questions fréquentes
Brindisi vaut-elle le détour ?
Oui, mais avec les bonnes attentes. Brindisi est un port en activité et une ville de transit, pas une ville touristique léchée comme Ostuni ou Lecce. Sa petite vieille ville, avec la colonne romaine au bout de la via Appia, le château, la cathédrale et le lungomare du port, mérite une demi-journée, et elle fait un point de chute facile, authentique et peu cher pour le Salento et la vallée d’Itria.
Brindisi est connue pour quoi ?
Pour être le point d’arrivée antique de la via Appia romaine, marqué par la colonne romaine qui domine son port ; pour être l’endroit où le poète Virgile est mort en 19 av. J.-C. ; et aujourd’hui pour être un grand port de ferries adriatique vers la Grèce et l’Albanie, avec l’aéroport de Brindisi-Salento qui dessert le sud du Salento.
Où se termine la via Appia ?
À Brindisi. La colonne romaine encore debout, en haut de l’escalier du port, marque traditionnellement le terminus de la via Appia, la grande route romaine partie de Rome. Il y en avait deux : la seconde s’est effondrée en 1528, et ses restes ont été emportés à Lecce pour le monument de Sant’Oronzo. La via Appia est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2024.
Comment aller de Brindisi à Lecce ou à Ostuni ?
En train, sur la grande ligne adriatique : Ostuni est à environ 20 minutes et Lecce à environ 30 minutes de Brindisi, avec des liaisons fréquentes tous les jours. Cela fait de Brindisi un point de chute pratique sans voiture. Attention : la gare d’Ostuni est en bas, sous la vieille ville perchée, il faut donc une navette ou un taxi pour remonter.
Y a-t-il des ferries de Brindisi vers la Grèce ?
Oui. Brindisi est un grand port de ferries adriatique, avec des traversées saisonnières vers la Grèce, dont Igoumenitsa et Corfou (environ huit à dix heures) et Patras, plus des liaisons vers Vlore en Albanie. Les départs sont les plus fréquents en été : vérifiez les horaires en cours avant de partir.
Peut-on visiter les châteaux de Brindisi ?
Les deux, mais aucun à l’improviste. Le château souabe est une base navale et n’ouvre qu’un week-end par mois, samedi et dimanche à 9h00 et 10h30, gratuitement et sur réservation. Le Castello Alfonsino, sur l’île à l’entrée du port, a rouvert pour des visites guidées à 10h00, 12h00, 16h00 et 18h00, également sur réservation. Vérifiez les deux avant de partir : le site de la ville indique encore l’Alfonsino comme fermé.
Le musée archéologique de Brindisi est-il gratuit ?
Oui. Le Museo Archeologico Provinciale Francesco Ribezzo, piazza Duomo à côté de la cathédrale, est gratuit et ouvre du mardi au dimanche de 9h00 à 19h15, fermé le lundi ; les groupes jusqu’à 25 personnes doivent réserver. Sa plus belle salle abrite les bronzes de Punta del Serrone, remontés du fond de la mer devant la ville en 1992.
Où sont les plages les plus proches de Brindisi ?
Les lidos de la ville sont quelconques. Le vrai sable est à une vingtaine de minutes au nord, dans la réserve marine de Torre Guaceto : Punta Penna Grossa, c’est 1,4 km de sable fin et clair avec de l’eau basse qui convient aux familles, et Apani est libre, plus calme, adossée à de basses falaises rouges. Les équipements de la réserve sont volontairement rares : emportez ce qu’il vous faut.
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